En rentrant chez lui, accompagné de son agent de sécurité, Eric Jean-Baptiste a connu le plus mauvais moment de sa vie sur terre et le tout dernier. Il a été criblé de balles alors que sa voiture est blindée au niveau 4, aux dires de ses proches. La bande à Ti Makak tue l’homme d’affaire alors que deux jours avant il répétait cette phrase: la durée de vie d’un haïtien est de 24 heures.
Comme un coup de tonnerre. La nuit du vendredi soir, 28 octobre 2022 alors, la mascarade s’affiche à nouveau. Les balles assassines montent un haut arbre. Celui d’un homme politique et un homme d’affaires. C’est bien Eric Jean-Baptiste. Il est assassiné en rentrant chez lui à Tara’s pour rejoindre ses proches, lui et son agent de sécurité.
« Esperans lavi moun Ayiti se 24 èdtan. Mèsi Bondye ak tout sa nou pa wè yo pou pwoteskyon Roberson Alphonse jwi anba kriblay asasen ». Nous venons de citer la première phrase d’un tweet d’Eric Jean-Baptiste, secrétaire général du RDNP datant du 25-10-2022. Il a publié ce tweet vers les 10h 20 du matin, quelques heures après l’attaque contre le journaliste de Magik 9, à Delmas 40B.
« Pita se pral tou pa kiyès? Èske l ap jwi menm chans lan? », poursuit le PDG de Père Éternel Loto dans ce même tweet. Et, Eric Jean-Baptiste, comme il l’avait questionné environ 3 jours avant, n’a pas pu survécu de son attaque suivie de son assassinat.
La mort en Haïti est devenue monnaie courante. On assassine quelqu’un, le gouvernement fait un tweet, sa famille est saluée, on promet que la police va traquer les assassins et silence revient. Plus tard, un autre assassinat et ainsi de suite.
Le PDG de Père Éternel Loto est celui qui dénonçait parmi tant d’autres, les actes d’assassinats perpétrés contre les familles haïtiennes. Qu’en est il de lui? De sa vie? De la vie de ses proches? Alors qu’il dénonçait les dirigeants actuels qui, selon lui ne font rien pour stopper cette dérive? « Dirijan ki pa sekirize vi, ki pa pèmèt menm ti moun al lekòl kisa yo itil? A-t-il martelé dans son tweet et c’en était sa dernière interrogation. Et il est parti.
Eric Jean-Baptiste a essuyé sa première attaque à Carrefour, il a été touché par balle dans l’un de ses bras et c’était en octobre 2018. Environ 4 ans après, dans le même mois mais dans un lieu différent, il n’a pas pu se remettre de sa deuxième attaque, il n’est plus.
Laurore Michel













