Son départ traîne derrière lui une panoplie de commentaires, d’analyses et de sympathies. Tout se converge dans cette phrase répétée par plus d’un: « Mika te yon bon grenn ». Et ce « bon grenn » part pour l’au-delà, avec son arme en main. Son micro alors. Entre celui qui sait faire presque tout dans dans la musique et un artiste aimable, les mots se sont confondus.
Pour nous autres en Haïti, c’était la brune du soir donc nous étions au coucher du soleil. Lui, sur scène à l’Accor Arena, il était au voisinage de 10h du soir. Nous 15 octobre, lui 16 octobre. Les environs 20 000 spectateurs qui lui suivaient de face sont incomparables à ces centaines de milliers qui s’accrochaient à lui sur la toile.

Si chez nous c’était les balles de Vithelome qui cantonaient la plaine du Cul-de-sac, là où il se trouvait, ce fut l’arme de ses textes, de ses mots, de ses cantiques, de son amour pour ses fans et pourquoi pas plus.
Et en plus de tout ça, si son visage rayonnait un sourire alléchant au public de l’Accor Arena, son coeur lamantait son cousin, son parrain et son compère, coincé entre les mains de « Izo » dans le village. Pas celui de Dieu toute fois car, on devait l’appeler depuis tout ce temps là village d’Izo. Mika chantait mais son coeur gémissait. Donc ce fut un Mika combatif.
Chanteur, maéstro, compositeur, arrangeur, promoteur, musicien…que lui manquait-il ce jeune qui touchait à peine sa quarantaine? Alors là, il lui manquait Haïti, pays dont il rêvait le vivre-ensemble. Pays pour lequel il dédiait « Ayiti Se », une composition immortelle qui habite la langue de beaucoup de ses compatriotes.
Le fils du « Père Noël haïtien », courait après lui. Dans son actif, il avait déjà une dizaine de chanson de Noël. N’oublions pas que sa toute première datait de 1999, texte qui a fait de lui le champion du concours de Telemax.
Mika, malgré tout, traversa le ciel d’Haïti avec une joie de vivre. Sans nos accords, Accor Arena l’enlève. Sa famille, ses enfants, ses parents, ses fans, le monde entier lui regardait trébuchant sur scène toute suite après avoir interprété son titre « Ou pati kite mwen ». Et il partait vraiment. Cette chanson était-elle son testament? Peut-être oui mais même lui, il ne l’imaginait pas.
Que de discours et de mots lui ont été dédicacés! Les internautes occupent les réseaux sociaux jusqu’à ce jour, pour Mika. En plus d’un artiste mais il a été aussi un HOMME, au dire de ses proches. Un ami de tous. C’est pour dire qu’il fut un Mika aimable et aimé.
Ainsi, d’aurore radieuse en crépuscule mélancolique, la petite Yasmina avait vu s’écouler encore un printemps, très semblable aux autres, qui se confondaient dans sa mémoire. (Isabelle Eberhardt, Yasmina, 1902). Douloureux rappel au manoir d’un mois d’octobre pas si bon pour Haïti.
Sans doute qu’il s’envole sous les nuées ardentes en regardant cette Haïti combien sale et ravagée. Et nous autres, que constatons-nous? La réponse c’est qu’il a marqué ses quarante-et-un ans sans faute et complet.
michelaurore90@gmail.com














Bien ecrit! R.I.P Mika.
Diriger un pays c’est quoi ? Comment Diriger ?
Un bon leader c’est quoi? Un pays Comme Haïti a-t-il des leaders conséquents qui pensent aux besoins communautaire ?